Le débat d'idées qui s'est allumé sur la question de la mondialisation n'est pas, désormais, seulement concentré sur les effets économiques de ce phénomène. En effet, derrière le débat économique se profile une autre inquitude: celle que la mondialisation, par sa logique même, phagocyte les cultures nationales ou régionales. A cette inquiétude se joint la préoccupation que, sous l'influence des grands groupes de communication de plus en plus globaux, la mondialisation se révèle comme une uniformation par rapport au modèle proposé par les Etats-Unis. En somme, une uniformatisation à l'americaine. Les risques soulignés par les observateurs les plus critiques par rapport à la mondialisation, sont ceux qui concernent l'uniformité culturelle, au moyen de l'hyper-domination américaine, la marchandisation de la culture, la raréfaction de l'offre culturelle, conséquence directe d'une production standardisée. Toutefois, est-il justifiable d'avoir ces préoccupations? Peut-on parler, dans un contexte social, politique, culturel, global, de risques significatifs? Dans le but de traiter ce sujet de la façon la plus fortement exhaustive, il serait bon, d'abord, d'expliquer les phénomènes qui sont à la base de la mondialisation.

Le processus de globalisation a progressivement changé les relationes économiques et politiques internationales en provoquant l'agrandissement et l'approfondissement des liens commerciaux et financiers entre les Etats. De ce point de vue, il ne fait pas de doute que l'interdépendance économique, expression de la mondialisation, peut être un phénomène non seulement d'instabilté et de désordre économique, mais aussi, un phénomène d'homogénéisation culturelle tout spécialement pour les sociétés industrielles, où les relations du point de vue culturel sont trés étroites. La mondialisation a été rendue possible par deux révolutions: technologique et informatique. Actuellement, ce sont les pouvoirs financiers, plutôt que les Etats, qui dirigent ce phénomène. De même, le développement de la technologie et de l'informatique rend possible non seulement d'avoir d' informations sur une quelconque partie du monde à tout moment, mais aussi de déplacer de considerables quantités d'argent en temps réel. En conséquence, ce processus a donné un nouvel aspect au monde: celui d'un méga-marché. Dans ce méga-marché se déplace, sélon l'opinion de ceux qui sont contre la globalisation, une société monocorde et monoculturelle. Ce point de vue parâit, toutefois, discutable. Mais, à plus forte raison, il est juste d'insister sur une série d'affirmations.

Dans le contexte actuel de mondialisation des échanges économiques et culturels, sauvegarder nos différences représente un impératif vital, car l'uniformisation des comportements et l'appiatissement des cultures particulières seraient un appouvrissement inacceptable. Défendre la diversité culturelle signifie donner à chacun la chance aussi bien de jouir de sa propre culture, que de s'ouvrir à celle des autres. De plus, revendiquer la diversité culturelle ne signifie pas une revendication identitaire plus ou moins nationaliste. Mais, au contraire, signifie défendre et protéger la vitalité des sociétés de plus en plus métisséees, aussi bien que la différence acceptée et respectée des cultures différentes. Cependant, agiter le spectre d'une uniformisation croissante de la culture relève d'un approche superficielle et, en définitive, présompteuse des faits.

La présomption, que, dans certain cas, prend la forme d'une véritable hysterie, est celle de ceux qui n'ont pas clairement dans leurs tête qui le monde n'est pas fait à l'image et à la ressemblance des sociétés industrielles. Il existe de vastes zones du globe qui, au contraire, n'ont pas la minime intention d'endosser notre culture, notre philosophie morale, notre religion. Peut-on parler, donc, en ce qui concerne ces zones de risques d'homologation culturelle? Peut-on parler de marchandisation de la culture, de raréfaction de l'offre culturelle pour la Chine, l'Asie du Sud, le Moyen-Orient qui ne sont pas du tout alignés sur le modèle culturel proposé par l'occident? C'est la question économique, plutôt que la question culturelle, du processus de mondialisation avec son incapacité de favoriser la croissance des pays les plus pauvres et de permettre la réduction du décalage de la richesse au niveau global, qu'il faut combattre. En tenant à l'esprit que, de toute façon, la culture "porte mal l'uniforme et ne se laisse pas enrégimenter"

Tommaso Paoluzi